La littérature policière s’efforce de refléter la société telle qu'elle a été, qu'elle est, ou qu'elle devient.
Est-ce prétendre, alors, qu’énigmes, crimes ou intrigues, ne sont que prétextes à évoquer des faits passés, actuels ou futurs, qu'ils soient politiques, économiques, sociaux, régionaux ou nationaux, voire internationaux ?
Certainement pas.
Néanmoins l'enquête policière se déroule dans un environnement donné. Enquêteurs et criminels sont des hommes et des femmes immergés dans ce contexte.
Pour ce qui est de l'environnement, dans mes polars, c'est le Sud. Le sud de la France, et plus particulièrement, le Var, ses paysages, son climat, la mer, la mentalité de ses habitants, l'apparente convivialité et la violence sous-jacente.

jeudi 5 janvier 2017

Mortels trafics

   Je lis chaque année le Prix du Quai des Orfèvres. J'y ai participé une fois. Mais j'avoue que celui de 2017 m'a déçu.
  Trop, c'est trop ! A force de vouloir coller de trop près à la réalité des conditions de travail des policiers et des représentants de la justice, le prix du quai des Orfèvres génère une certaine uniformité qui risque de basculer vers l'ennui.
   Le lauréat 2017, Pierre Pouchairet, un ancien commandant de police - on s'en serait douté - raconte dans son "Mortels trafics" une traque de trafiquants de drogue entre la France, l'Espagne et le Maroc.
   Différents services de polices sont concernés entre Paris, Nice et le Sud-Ouest pour suivre les traces d'un "go fast" et prendre les convoyeurs en flagrant délit. Le cœur du roman tient dans cette histoire de collaboration parfois houleuse, mais toujours très "humaine" entre ces différents services. Les truands sont évidemment cruels - il faut bien - et un père de famille est la victime collatérale et innocente de ces voyous.
   A force de vouloir coller de trop près, donc, aux critères du Prix, les auteurs en viennent parfois à oublier l'essence même d'un roman, fut-il policier, c'est à dire l'imaginaire. Certes la fiction peut se mêler à la réalité, mais il n'est pas forcément utile de proposer un essai sur la police en guise d'oeuvre littéraire.
   L'auteur de "Mortels trafics" n'échappe pas à ce désolant travers. Le roman est truffé de termes techniques, de descriptions technologiques du fonctionnement des services, un peu ennuyeux, d'abréviations, de sigles, d'acronymes. Au point qu'il s'est cru obligé - lui ou l'éditeur ? - d'ajouter à la fin du livre un abondant glossaire comportant plus d'une vingtaine de définitions.
   Ces réserves mises à part, il s'agit tout de même d'un polar distrayant. Les personnages de flics sont attachants et ceux de voyous, bien campés.
   L'auteur connaît visiblement la musique.

Note : 4/10

Mortels trafics  Fayard poche 8.90 €

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